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Communication concernant les kiosquiers et les kisoques parisiens

Suite à un vœu de Mme Simonnet, j’ai pu présenter la communication relative au renouvellement des contrats de gestion des kiosques parisiens tout en répondant à ses demandes.

« La présente communication touche à la question fondamentale de la place de la presse dans l’espace public parisien, à laquelle la Ville porte un attachement ancien et profond, et qui prend un relief tout particulier dans le contexte tragique des dernières semaines, après l’attentat contre Charlie Hebdo.

La consultation qui s’ouvre va donc permettre à la Ville de se doter d’un outil rénové pour sa politique en faveur de la presse et des kiosquiers parisiens. Il s’agit d’une volonté forte, affirmée, de la Mairie de Paris, qui peut paraitre comme un choix contra-cyclique, puisque depuis plusieurs années la vente de presse papier baisse, mais que nous assumons justement en raison du besoin d’un engagement fort pour le secteur de la presse.

Une table ronde puis quatre groupes de travail réunis à l’automne dernier ont permis d’évaluer les différents besoins ressentis par les kiosquiers: gestion du kiosque, dialogue avec les messageries, évolution de la réglementation de la tenue des kiosques à journaux, et avenir du kiosque de presse. En est ressorti l’impératif d’améliorer les conditions de travail et financières des kiosquiers, avec plusieurs propositions concrètes.

Les services de la Ville ont beaucoup travaillé, et je tiens à remercier le Secrétariat Général, la Direction du développement Économique, de l’Emploi et de l’Enseignement Supérieur, la Direction des Affaires Juridiques et la Direction des Finances et des Achats. La Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires vient aussi de me remettre une étude, comme vous l’aviez demandé, Mme SIMONNET, portant sur les usages et les attentes des Parisiens et des touristes à l’égard des kiosques, afin de consolider leur activité presse et hors presse. Cette étude relève notamment qu’en faisant du kiosque un lieu d’accueil et d’échange, proposant des services complémentaires à la distribution de presse, on permettra aux kiosquiers de générer des revenus complémentaires sans s’éloigner de leur mission première.

C’est sur la base de toutes ces réflexions que nous proposons de recourir à un marché global. C’est d’ailleurs une des questions qu’a pu aborder la commission d’élus, pour sa toute première séance de travail, et dont je me réjouis qu’elle ait pu examiner ce futur contrat malgré le calendrier serré de son examen.

Nous sommes en effet tenus par une contrainte juridique majeure : la délégation de service public ne pouvant être prolongée par avenant du fait du nouveau cadre jurisprudentiel, nous devons aboutir à l’attribution du nouveau marché d’ici l’automne prochain.

Nous avons longuement pris le temps d’envisager les différentes options s’offrant à nous: reprise en régie de l’ensemble des missions ou de la seule gestion des kiosquiers, allotissement des différentes fonctions ou contrat global. C’est pourquoi je m’étonne de votre vœu, Madame SIMONNET, qui fait peu de cas du travail mené, et présenté scrupuleusement aux élus siégeant en commission d’élus.

La Délégation de Service Public n’étant plus juridiquement plus possible, la régie ne paraissant toujours pas réalisable, j’y reviendrais, et les schémas coopératifs semblant peu adaptés aux investissements en projet, nous avons donc opté pour le marché global.

La municipalité entend améliorer par des investissements important les conditions de travail de nos kiosquiers, notamment en renouvelant une très grande partie du parc de kiosques devenus inadaptés à l’exercice de leur métier. 200 mobiliers devront a minima être renouvelés sur les 5 premières années d’exécution du nouveau contrat. Dans cette optique, une nouvelle gamme de kiosques devra être proposée, afin de répondre aux exigences en termes de conditions de travail, d’ergonomie, d’innovation et de développement durable.

Cette question m’amène au vœu présenté par Mme SIMONNET, qui repose je crois sur la même volonté que nous d’améliorer les conditions de travail des kiosquiers, mais dont je crois que les différentes alternatives proposées ne sont pas de nature à améliorer cette situation.

→ Madame SIMONNET, vous demandez en premier lieu le retrait de la délibération de l’ordre du jour, pour la retravailler avec les kiosquiers. Comme je vous l’ai rappelé, plusieurs réunions de travail préparatoires ont été menées dès l’été dernier avec les représentants des kiosquiers. Je les ai par ailleurs rencontrés moi-même à plusieurs reprises. Cette concertation a permis d’entendre leurs demandes, et de les intégrer au pré –programme fonctionnel  (notamment s’agissant du confort et de l’entretien du kiosque, et de la réflexion sur les activités annexes) puis dans la communication. Une étude a été menée par la DDCT, comme vous l’aviez demandé.

Les conclusions de ces échanges seront également intégrées au cahier des charges, comme vous le demandez dans votre second point.

Vous nous demandez ensuite d’imposer la garantie par le délégataire d’un revenu horaire égal au moins au Smic pour les kiosquiers. Les kiosquiers étant des travailleurs indépendants, ni la Ville ni le délégataire n’entretiennent avec eux de rapports de salariat. Et les compléments de revenu qu’apporte d’ores et déjà la Ville n’ont de sens à long terme que si les revenus tirés de l’activité sont au moins stabilisés. Dès lors, notre action doit porter sur l’accompagnement au développement de leur activité et l’animation de leur réseau.

→ J’entends également votre proposition de signer un marché unique d’une durée limitée à 2 ans, pour laisser le temps d’examiner d’autres options. Je crains que cela revienne à retarder d’autant les investissements, impossibles à faire sur une période si courte, et donc la rénovation d’au moins les 200 kiosques les plus obsolètes. Je doute que ce soit un service à rendre à la presse, qui est dans un moment de grande fragilité, aux Parisiens, et surtout aux kiosquiers qui y travaillent, dans des conditions souvent difficiles.

Vous souhaitez également que nous réfléchissions à la formule d’une coopérative de kiosquiers, ou d’une régie directe associée à cette coopérative. Je souhaite rappeler que nous avions unanimement renoncé à la régie il y a dix ans pour rompre avec la gestion purement administrative et insuffisante, et permettre ainsi un meilleur accompagnement commercial et logistique des kiosquiers, réalisé par une équipe de professionnels du monde de la presse, et permettre ainsi d’améliorer leurs conditions de travail. Comme le disait Olivier Pagès, bien connu sur les bancs du groupe Verts, alors Président de la Commission Parisienne des Kiosques : « le passage à une DSP ne signifie pas un désengagement de la Ville, celle-ci continuera à peser parce qu’elle garde la maitrise du processus décisionnel » Il ajoutait : « Quoi que certains pourront dire, cette délégation a été pensée pour servir au mieux les intérêts des kiosquiers ». Je crois que ces mots sont toujours d’actualité.

Enfin, vous appelez à ce que les kiosquiers récupèrent l’exploitation publicitaire des portes des kiosques, et obtienne une rémunération pour les services aux touristes et aux parisiens. Votre souci est louable. Cependant, ces éléments font déjà l’objet d’une compensation par les diverses subventions versées par la Ville, qui n’a en outre aucune prise sur les conventions passées entre le délégataire et les kiosquiers.

C’est pourquoi, vu le caractère inopérant de vos demandes, je vous demanderai de bien vouloir retirer votre vœu, sans quoi j’appellerai à voter défavorablement. »

Crédit Photo : Lesage/Mairie de Paris

Crédit Photo : Lesage/Mairie de Paris

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